Un soir du 8 décembre, il y a déjà quelques années, sur le pont Lafayette à Lyon...
C'était un soir de fête, toute la ville était là. Elle aussi était là, mais ni les rires des uns, ni les cris des autres ne lui auraient rendu le sourire. Elle se souvenait, elle avait trop donné, jamais elle ne pourrait recommencer.
Quand tout à coup, les lumières de la ville devinrent des étoiles ; les murs de maisons : des montagnes aux mille reflets; les rues : des sentiers bordés d'immense forêts. Et elle était là, buvant la lumière des étoiles, respirant la profondeur des forêts, touchant l'infinité des montagnes.
Plus un bruit, plus de cris. La vie était à elle, elle la prenait à pleins bras ; elle courait
éperdue, s'accrochant aux branchages. Elle allait à lui, vers celui qu'elle attendait, elle le savait, il n'était pas loin... Cette fois ce serait bien... Ce serait pour toujours...
Mais soudain elle tomba et elle ne vit plus rien. Plus rien que du noir, plus rien que le soir. Les étoiles redevinrent lampadaires ; les montagnes : murs sévères ; les forêts : rues bruyantes aux mille pièges. Plus personne dans la ville, la fête était finie, et elle était toujours là, seule dans sa détresse...
Alors, dans le soir, deux larmes glissèrent sur ses joues blêmes.
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